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Parole de.... Juan - Président de club associatif




« Parole de... » est la restitution des interviews que nous avons mené auprès de bénévoles actifs de la FFESSM. Ces échanges ont été riches et nous avons décidé de les partager avec vous car ils portent la voix du terrain. Ils nous parlent de leur vision de la fédé, leurs espoirs, leurs attentes, c’est fort et chaque avis dégage des pistes sur lesquelles nous avons bâti notre programme.



Bonjour Juan, quelle est ta fonction aujourd'hui dans le monde fédéral ?


Je suis président de club et moniteur fédéral. J’avais des fonctions de trésorerie que je n’ai plus au niveau du département.


Quelle est ta vision de la ffessm aujourd'hui ?


Alors moi je pense qu’aujourd’hui la fédé, justement, elle est un peu loin des clubs, elle est très proche de ses instructeurs nationaux et assez loin du monde d’en dessous en fait !

On le voit très bien au salon de la plongée, tu as des instructeurs nationaux, des MF2 mais les autres, on n’a pas accès, ils sont dans leur monde. Et c’est vraiment l’impression que j’ai depuis plusieurs années en fait, quand tu vas sur le stand de la fédé, en fait tu n’y reste pas, il n’y a rien pour toi, ça fait un peu une comme une cours privée, réservée. C’est ma vision, et ça fait 20 ans que je vais au salon de la plongée.


Qu’est-ce qui te plaît et qu'est-ce qui te déplaît ?


Ce qui me plaît c’est qu’ils sont toujours à la recherche de nouveautés. Ils se posent beaucoup de questions, pour faire avancer la plongée aussi bien en termes techniques qu’en termes de propositions d’activités. Ça, je trouve que c’est bien. Il est temps parce qu'on est en train de se faire rattraper largement par d'autres organisations, PADI, SSI, ... !



C’est bien qu’à la fédé on garde cette exigence pour nos encadrants, ce niveau technique et de connaissance élevés dans la plongée. Mais à vouloir rester les plus forts du monde, je ne sais pas si on arrivera à nous maintenir, face à la l'attrait des niveaux PADI, SSI qui sont beaucoup plus light, et qui forment aussi des moniteurs professionnels. On sait qu’ils font du lobbying à Bruxelles. Pour l’instant le code du sport nous protège, mais je ne sais pas si à un moment on ne va pas se faire rattraper par tout ça.

Le niveau de compétences qui est demandé au brevet d'état ou au MF2 ou MF1 et ce qu’il faut pour faire un instructeur SSI, il n’y a pas commune mesure, pourtant le gars il va être moniteur aussi ! Il faut une vraie réflexion là dessus et ne pas faire l’autruche.


Dans ton rôle de président de club et moniteur, qu'est-ce que tu attends de la fédération aujourd'hui ?

Le subaqua est très bien, c’est un bel outil de communication pour les clubs, il y a cette partie de faits divers où on se retrouve parfois, quand on fait des actions de club. ça c’est pas mal il faut continuer, voir même le développer.


Il y a 2.500 clubs en France, je pense qu’il faut vraiment avoir un regard un peu plus tourné vers les clubs. Pour les aider dans leur quotidien.

Aujourd’hui un président de club, s’invente tout seul. Il apprend par expérience mais il n’a pas vraiment d’appuis pour savoir comment bien faire, ou comment ne pas mal faire.


Est-ce que la fédération répond à cette attente et si non, qu'est-ce qui manque à ton avis ?


Il me manque des outils pour les présidents de clubs, pour les moniteurs, il y a le MFT qui est très bien (et en refonte), mais après pour tout ce qui est l’intendance quotidienne d’un club, ça manque de billes.

Il y a des choses qui sont faites, si tu veux faire les statuts d’un club, il y a des choses sur le site de la fédé, mais parfois pour les présidents de club, c’est un peu compliqué pour manager une équipe, une petite structure. On manque d’aides par rapport à la gestion d’un club. Des outils, ou un partage d’expérience de clubs qui fonctionnent bien, qui ont des idées. Une bourse d’échanges entre présidents de clubs ce serait bien.


Si tu avais la possibilité de conduire 3 actions prioritaires pour répondre à tes besoins, ce serait lesquelles ?


Ouf ! pas facile, ça demande à réfléchir.

  • Aider les clubs à obtenir des subventions, je le mettrai ça en premier. Les dossiers sont compliqués à monter. Peut être au niveau des codep, organiser des ateliers de demandes de subventions, pour que les dossiers aboutissent, car s’il y a des budgets pour financer les actions des clubs, il faut y avoir accès.


  • Ensuite, travailler sur l’accès aux moniteurs fédéraux. Parce que pour survivre dans la durée, un club doit s’appuyer sur un moniteur fédéral pour former des plongeurs niveau 3, qui deviendront niveau 4 puis initiateur ou moniteur fédéral et que ça re-boucle. Et ça n’est pas toujours le cas. Il faudrait fédérer des moniteurs au niveau départemental pour que les clubs qui n’en ont pas puissent quand même former au-delà du N2 !


  • La bonne assurance pour son club, pour le plongeur on a la licence, c’est clair. Mais sur la couverture d’assurance pour les clubs, c’est moins clair. Il faudrait avoir plus de conseils.






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