Rechercher

Parole de ... Olivia Fricker

Mis à jour : févr. 28


Le témoignage d’Olivia Fricker est le dernier de notre série Parole de... Nous remercions tous les bénévoles qui nous ont confié leurs espoirs et leurs attentes afin d’enrichir notre programme. Cela a été un grand moment de partage.


Olivia a été capitaine de l’équipe de France d’apnée, c’est une sportive accomplie qui est aussi MEF2, Instructrice nationale apnée. Quand elle parle d’apnée, sa voix porte et son jugement est fondé. BPJEPS Plongée subaquatique option « sans scaphandre » et vice-présidente de son club de 180 membres. Ancienne Présidente de la Commission Nationale Apnée, elle nous parle de ses attentes et de sa vision de la Fédé.


Bonjour, quelle est ta fonction aujourd'hui dans le monde fédéral ?

Je suis monitrice d’apnée au sein d’un club associatif, élue au sein des mon CODEP et membre des commissions régionale et nationale apnée. J’ai le plaisir d’être aussi initiatrice tir-sur-cible et plongeuse.



Quelle est ta vision de la FFESSM aujourd'hui ?

Comme plongeuse, un espace de liberté au sein duquel il est possible de pratiquer différents sports dans le plaisir et la sécurité. Une fédération qui s’inscrit dans une démarche d’éducation au sport, de partage, d’amitiés !


Mais cette multitude d’activités est parfois un frein au développement des commissions sportives, selon les instances mais aussi personnes qui les animent. Ma discipline de cœur qu’est l’apnée, par exemple, a longtemps dû se battre pour simplement exister, être écoutée voir même respectée au sein des clubs, CODEPs, comités. Dans ma région, les commissions sportives ont la « chance » d’être bien accompagnées mais cela n’est pas le cas sur tout le territoire. Osons le dire, il faut souvent se battre avec des personnes accrochées à leur poste, qui n’ont qu’une vision, celle de la pratique de la plongée technique.


Les commissions devraient toutes êtres placées sur le même pied d’égalité … d’autant plus que nous avons une délégation du Ministère des sports pour cela.



Qu'est-ce qui te plaît et qu'est-ce qui te déplait ?

Ce qui me plait :

La multitude d’activités et les rencontres humaines, le partage d’expériences et compétences entre toutes les commissions. La possibilité de mettre en place des projets.

La force bénévole des clubs associatifs tout au long de l’année et l’accueil de qualité des structures commerciales en période de congés. Les uns et les autres se nourrissent et en font une grande force qui permet de pratiquer sur tout notre territoire, DOM-TOM compris, tout le temps, avec la même licence et en toute confiance.

Ce qui me déplait :

C’est que, malgré des signes forts ces dernières années (organisation des championnats de France d’apnée en profondeur, dossier de reconnaissance du statut de haut-niveau, candidature aux JO….), notre fédération n’est pas assez ouverte sur ses commissions sportives. Elle devrait plus les valoriser, ainsi que les sportifs et communiquer à leur sujet.



Dans ton rôle de monitrice, qu'est-ce que tu attends de la fédération aujourd'hui ?

Comme bénévole, juste une écoute, un soutien en terme de conseils et d’aide à la formation, tout au long de ma vie de monitrice.

Comme monitrice, j’attends que sa gouvernance évolue, car elle ne correspond plus aux réalités du terrain et aux nombres de pratiquants dans les différentes disciplines.

Nos commissions ont pour mission d’étudier les questions relevant de leur activité et à en assurer la gestion, la promotion et le développement mais n’ont aucun pouvoir de décision.

Elles ne sont pas représentées avec des élus au sein du CDN, qui est l’organe décisionnel. En réalité, le sport n’y est quasiment pas représenté et le défendre demande un engagement colossal. Si nous avons eu le soutien du Président actuel, cela peut changer à chaque Olympiade et le modèle d’organisation statutaire ne devrait pas permettre des blocages. Il faudrait que les commissions sportives soient statutairement représentées ; afin de mettre fin à un partage inégal des fonctions et tâches dans la vie fédérale.


Les Présidents de commissions (départementales, régionales) sont d’ailleurs élus par les clubs qui sont majoritairement des clubs de plongée rarement des clubs uniquement de NAP, apnée …. Pourquoi ne sont-ils pas élus par leurs pairs ? Ce modèle n’est absolument pas démocratique à mon sens. Cela crée un sentiment, qui n’en est pas qu’un, de déconnexion avec la base et ne donne pas envie à des plus jeunes de s’investir afin d’assurer l’avenir des clubs.



Si tu avais la possibilité de conduire 3 actions prioritaires pour répondre à tes besoins, quelles seraient-elles ?

La formation des jeunes, en sport et à la préservation de notre environnement. Mais aussi un engagement dans la prévention et la formation aux risques de pédocriminalité et la lutte contre toutes les formes de violence, en lançant un plan fédéral de prévention. Avec l’association Colosse aux pieds d’Argile ?


• Le développement des compétences en entraînement et la défense de l’apnée et d’autres disciplines afin qu’elles obtiennent ou gardent le statut de haut-niveau ;


• Continuer à développer la formation au Sport-santé et au handisport afin de partager le plaisir que nous avons à pratiquer en plongée et sports sous-marins !

184 vues0 commentaire

Posts récents

Voir tout